
HISTOIRE DES PROJETS
Le symbole de l'atelier est un cube en construction. Il a quelque chose de la cocotte en papier et de l'origami japonais. Il se forme et passe de la feuille au volume. Encore ouvert, il procure une sensation de mouvement, comme en perpétuelle évolution sur lui même, en permanence en train de se construire et de se déconstruire.
Allégorie aux travail de l'architecte pour certains, transparence et facettes de l'atelier pour d'autres. Il renvoie, avec certitude, à cette figure archétypale, le cube. Synonyme d'orthogonalité, il évoque des jeux de volumes simples et rationnels qui pourraient nous faire penser à l'équerre et au casque de chantier ou plutôt au cubisme et à un tableau de Mondrian, par exemple.
Chaque bâtiment raconte une histoire humaine en train de s'écrire et de se construire. C'est une façon de prendre soin des gens, de placer l'usager, habitant, sportif, collégien, enseignant, employé, personne âgée dépendante au coeur du projet. Sur le chantier, une très grande confiance s'installe entre les acteurs. Chacun apporte ses compétences dans un climat d'écoute et de respect. Un cercle vertueux. D'ailleurs, les partenaires sont souvent longtemps les mêmes. L'histoire humaine se double de fidélité. Logique.
La culture commune de l'atelier se nomme simplicité. Simplicité ne veut pas dire simpliste. En architecture, contrairement à beaucoup d'autres domaines, c'est une qualité qui demande un soin particulier, le désir de tendre vers le "less is more". Les volumes restent sobres et les matières jouent les unes avec les autres. L'angle droit est un repère indispensable. La démarche n'a rien d'ostentatoire, pas de forme pour la forme, pas de clinquant, mais une recherche permanente de justesse.
HISTOIRE D'UN LIEU
" J'aime bien cet endroit, face à l'église.
- Face à l'église ou face à la Saône ?
- Oui, c'est vrai. Les deux sont vrais. Chacun choisira suivant sa préférence."
L'atelier se tient à cet endroit où les rues étroites de la ville ancienne s'ouvrent et trouvent cette grande respiration. Pour y arriver, on marche sur des rues pavées qui obligent les femmes à bien regarder où elles mettent les pieds à cause de leurs talons et le trottoir étriqué nous colle parfois contre la devanture des commerces.
L'endroit est calme. L'église donne le ton. Les places et la rivière invitent à l'escapade. La ville s'étiole au pied de la colline et s'étire jusqu'à la gare.
La façade est étroite comme toutes les façades de la rue. Elle est voutée et vitrée. Sur le verre, des mots interpellent le visiteur "concevoir et réaliser" puis, peu à peu, les lignes se superposent comme si elles dansaient les unes sur les autres pour ne devenir qu'un jeu graphique de lettres rondes : "des écoles, des logements, des équipements...".
Rouge, c'est la couleur du coeur, du toréador qui combat et de la passion. Rouge, c'est la couleur d'un pull ou d'un rouge à lèvres. Isabelle dit : " C'est une couleur intemporelle et j'aime ça ! ".
L'ensemble baigne dans une grande transparence entre rue et cour. Plein soleil. Tout est visible. La couleur rouge qualifie tout l'espace dans une ambiance douce, chaleureuse et joyeuse. On entre en terrain ami.
Textes : Anne Rolland